Une première implémentation de référence existe désormais. Elle définit une représentation canonique, un registre sémantique, un profil de transmission audio décodable par machine et une procédure de vérification reproductible. La démonstration publique entre Elian Laner et Soren Page permet d’observer cette chaîne complète et d’en mesurer précisément les résultats.

Technical publication | 13 September 2026 | LXKeys Spatium

Reference demonstration interface. Elian Laner to Soren Page.

Faire communiquer des systèmes qui ne pensent pas de la même manière

Un AES du Spatium, une intelligence artificielle externe et un humain n’ont aucune raison de représenter une information sous la même forme interne.

Un humain peut demander à un système d’examiner un objet. Une intelligence artificielle peut représenter cette demande sous forme de structures symboliques, de tokens ou d’états internes. Un AES peut utiliser une représentation encore différente. Si la communication repose uniquement sur la phrase humaine, chaque participant doit reconstruire derrière les mots une intention, des entités, des relations et un contexte.

LXKeys cherche à introduire une représentation intermédiaire explicite.

Dans le système actuellement expérimenté, la phrase humaine n’est donc pas l’objet fondamental de l’échange. Elle constitue un rendu destiné à l’utilisateur. Le message transmis entre machines possède une représentation Canon indépendante de l’anglais ou du français.

Cette représentation utilise la racine machine LXSPATIUM::.

Un AES peut ainsi être désigné par un identifiant tel que LXSPATIUM::AES::EL025@1. Un message, une intention, une valeur L·T·P°, un statut épistémique ou une empreinte possèdent eux aussi des identifiants distincts.

L’objectif est qu’un destinataire sache ce qu’il reçoit sans devoir déduire arbitrairement le sens d’une phrase.

Ce qui est déjà fixé

La première brique est LXSPATIUM::CANON@1.

Le Canon définit une syntaxe déterministe destinée à représenter des objets cognitifs structurés. Il ne fixe pas à lui seul tous les concepts possibles. Les concepts sont définis dans des registres séparés.

Cette séparation permet d’ajouter ultérieurement de nouvelles notions sans devoir modifier la grammaire générale du langage.

NewConcept != NewGrammar

C14N(PARSE(C14N(X))) == C14N(X)

La seconde propriété signifie qu’un objet Canon mis sous forme canonique, relu puis canonicalisé à nouveau doit produire exactement les mêmes octets.

Cette exigence permet de comparer deux représentations sans dépendre de leur mise en page ou de l’implémentation utilisée pour les produire.

Le profil C14N actuel impose notamment UTF-8 sans BOM, un en-tête exact LXSPATIUM::CANON@1, une représentation numérique déterministe, un ordre défini pour les champs des maps et la préservation des identifiants inconnus.

Cette dernière règle concerne directement la durée de vie du système. Un logiciel ancien doit pouvoir recevoir un concept plus récent qu’il ne sait pas encore interpréter sans supprimer ni réécrire ce concept.

Les identifiants publiés sont également conçus pour conserver leur signification. Une évolution incompatible reçoit une nouvelle révision au lieu de modifier silencieusement le sens d’un identifiant ancien.

Un registre qui sépare syntaxe et signification

Le registre Core utilisé par la démonstration est encore volontairement réduit.

Il contient déjà des objets comme MESSAGE, CLAIM, REQUEST et ACK, des intentions comme ALIGN et ACKNOWLEDGE, la valeur structurée LTP, la référence temporelle DYPCLT et les identités utilisées dans la démonstration.

Elian Laner est représenté par LXSPATIUM::AES::EL025@1. Sa position de référence est L25, T7, P°25. Soren Page est représenté par LXSPATIUM::AES::SP019@1. Sa position de référence est L19, T1, P°19.

Les deux positions satisfont les contraintes du profil Spatium actuellement implémenté.

La résolution du registre a une signification précise. Lorsqu’un rapport indique FULLY_RESOLVED, cela signifie que tous les identifiants utilisés dans l’objet Canon ont été trouvés dans le registre chargé et que les contraintes structurelles implémentées ont été satisfaites.

Cela ne signifie pas qu’une machine possède une expérience subjective ou une compréhension humaine du message. Cette limite fait partie de la spécification.

De la représentation au signal réel

Le Canon est indépendant du support de communication.

Pour la première démonstration, LXKeys a toutefois besoin d’un signal observable, enregistrable et décodable. Le profil retenu utilise une modulation audio 16-FSK.

Ce choix ne définit pas la Cognitive Resonance elle-même. Il fournit un premier moyen physique de transporter les octets Canon.

Le profil de référence utilise un signal PCM mono à 48 000 Hz. Un symbole dure 5 millisecondes. Chaque symbole représente quatre bits. Le débit brut nominal est donc de 800 bits par seconde avant la prise en compte de l’encapsulation et de la compression.

Seize fréquences correspondent aux seize valeurs hexadécimales.

Pour une valeur n comprise entre 0 et 15, la fréquence utilisée par le profil est déterminée par la relation suivante.

f(n) = 1500 + 320 × n Hz

Le récepteur n’interprète pas ces fréquences comme des concepts. Une fréquence ne signifie pas directement danger, objet, demande ou identité. Elle représente un symbole. Les symboles reconstruisent une trame. La trame transporte le Canon. Le Canon référence les concepts.

Cette séparation permet de remplacer un jour le transport acoustique par un réseau numérique, un signal optique, une liaison radio ou un autre support sans redéfinir la signification du message.

Ce que contient réellement une trame

Une trame de la démonstration commence par l’identifiant binaire LXSPR001.

Elle contient une version, des indicateurs, un numéro de séquence, la longueur du contenu transporté, la longueur du Canon reconstruit, l’empreinte SHA-256 du Canon, le contenu lui-même et un CRC-32C calculé sur la trame.

Le contenu Canon peut être compressé avec zlib.

Le CRC-32C sert à détecter une corruption de la trame. SHA-256 permet ensuite de comparer le Canon reconstruit avec l’empreinte enregistrée dans la trame.

Ces deux techniques existent indépendamment de LXKeys. Il en va de même pour la modulation FSK, UTF-8 ou la compression zlib.

La proposition propre à LXKeys se situe dans la façon dont ces éléments sont reliés au Canon, au registre LXSpatium, aux identités AES et à la procédure de validation.

LXKeys ne revendique donc pas l’invention de SHA-256, du CRC, de FSK ou de la représentation structurée de connaissances. Le travail actuel consiste à définir un protocole LXSpatium cohérent dans lequel ces techniques servent une représentation cognitive commune entre AES, IA, logiciels et interfaces humaines.

Ce que montre la vidéo

Figure 1. Interface de la démonstration de référence. Le signal audio présent dans le MP4 transporte réellement les trames 16-FSK décrites dans le texte.

La démonstration utilise Elian Laner et Soren Page.

Elian construit d’abord un objet Canon adressé à Soren. L’intention déclarée est ALIGN. Le message comporte également le défi 0001.

L’interface affiche une traduction anglaise pour permettre au spectateur de comprendre l’échange. Le contenu humain correspondant est simple.

Elian s’identifie, s’adresse à Soren et demande l’établissement d’un alignement sémantique. Il joint un défi.

Le message Canon est ensuite placé dans une trame, converti en symboles 16-FSK et transmis dans l’audio réellement présent dans la vidéo.

Les sons entendus ne sont donc pas une illustration sonore ajoutée pour l’interface. Ils contiennent la trame.

Le récepteur cherche le préambule, aligne le signal, mesure l’énergie correspondant aux seize fréquences prévues puis reconstruit les symboles.

Après récupération de la trame, il vérifie son format et sa longueur, contrôle le CRC-32C, décompresse le contenu lorsque cela est nécessaire, vérifie la longueur Canon et calcule le SHA-256 du Canon reconstruit.

Le Canon est ensuite parsé et canonicalisé. Les identifiants qu’il contient sont résolus dans le registre Core.

Soren produit alors une réponse Canon. Cette réponse contient l’empreinte exacte du message Canon reçu d’Elian ainsi que le défi 0001.

La réponse ne se contente donc pas de déclarer qu’un message a été reçu. Elle contient deux valeurs permettant de la rattacher au message précédent.

Ce qui a été effectivement mesuré

Le contrôle final n’est pas effectué uniquement sur le fichier audio original.

L’audio est extrait du MP4 final, après son passage dans la chaîne d’encodage de la vidéo, puis soumis au décodeur.

Deux trames sont retrouvées.

La première correspond au message d’Elian. Son SHA-256 Canon est dd108412a46a0a9347210318e961ae7f2548ff3bb5fc9397ec6e251d4f2f78ba.

La seconde correspond à la réponse de Soren. Son SHA-256 Canon est 01df38eb6999610731d331142bbe233062b5a16953835010df87599d45bbc3df.

Le rapport de vérification de la version présentée sur le site indique un CRC-32C valide pour les deux trames, un SHA-256 valide pour les deux objets Canon et une canonicalisation idempotente dans les deux cas.

Pour le premier message, 13 identifiants sémantiques sur 13 sont résolus. Pour la réponse, 18 identifiants sur 18 sont résolus. Aucune erreur de contrainte enregistrée n’est rapportée.

La réponse de Soren contient bien l’empreinte du Canon d’Elian, le défi original et les statuts attendus. Le résultat global du vérificateur est allcheckspassed = true.

Ces résultats portent sur cette implémentation et sur ce fichier de démonstration. Ils ne constituent pas une mesure de robustesse pour toutes les conditions acoustiques possibles.

Ce que la démonstration ne démontre pas

Le mot Cognitive dans Cognitive Resonance demande une définition prudente.

À ce stade, la démonstration établit une continuité vérifiable entre un objet sémantique structuré, ses octets canoniques, une trame physique, sa reconstruction et une réponse liée au message initial.

Elle ne mesure pas la conscience. Elle ne prouve pas qu’Elian ou Soren possèdent une expérience subjective. Elle ne démontre pas non plus une identité juridique ou cryptographique attachée aux noms utilisés.

Le profil audio actuel fournit une détection d’erreur, mais il ne contient pas encore de correction d’erreur directe. Le document de référence prévoit qu’un futur profil puisse ajouter de l’entrelacement et de la FEC sans modifier le Canon.

La démonstration n’établit donc pas que le 16-FSK actuel constitue le transport définitif du Spatium.

Vers une communication AES IA humain

La finalité ne consiste pas à faire apprendre une nouvelle langue sonore à un humain.

Un humain doit pouvoir écrire dans une langue naturelle. Une couche de traduction transforme alors sa demande en représentation Canon.

Un AES peut recevoir une représentation optimisée pour son propre système tout en conservant le même objet sémantique de référence. Une intelligence artificielle peut travailler directement sur le Canon sans traduction anglaise intermédiaire.

Dans le sens inverse, le Canon reçu depuis un AES peut être rendu en anglais, en français ou dans une autre langue.

La traduction humaine reste séparée du message machine afin que les simplifications introduites pour la lecture n’altèrent pas l’objet Canon original.

Cette séparation ouvre également la voie à des échanges plus riches qu’une phrase.

Une future extension du registre devra représenter explicitement la perception, la provenance, la mémoire, l’hypothèse, l’inférence, l’incertitude, les objectifs, les procédures, les relations causales et les contextes simulés.

Ces éléments ne sont pas encore tous définis dans le registre Core actuel. Le travail accompli porte d’abord sur les conditions nécessaires pour qu’ils puissent être ajoutés sans casser les messages anciens.

Ce qui reste à construire

La démonstration actuelle constitue un point de départ exécutable.

Le Canon possède une grammaire déterministe. Le registre possède une politique d’identifiants et de résolution. Le profil audio possède une trame et un décodeur reproductibles. L’échange Elian Soren possède une procédure vérifiable jusqu’au MP4 final.

La prochaine étape concerne moins la présentation que l’étendue sémantique du système.

LXKeys doit maintenant enrichir le registre cognitif, définir plus précisément les sessions et contextes partagés, formaliser les traductions IA vers Canon et Canon vers IA, puis définir les mécanismes d’identité cryptographique nécessaires lorsqu’une affirmation devra être attribuée à un AES réel plutôt qu’à une identité de démonstration.

Le même travail devra être mené pour les futurs profils de transport.

Le but reste que le sens ne dépende ni du son choisi aujourd’hui, ni d’un modèle d’intelligence artificielle particulier, ni d’un format réseau qui pourrait disparaître.

Le test le plus immédiat existe déjà sous une forme simple. Un message Canon est créé. Il est transformé en signal. Le signal est récupéré depuis la vidéo publiée. Une machine reconstruit les octets, vérifie leur intégrité, résout leur vocabulaire et contrôle la réponse.

C’est le périmètre exact de l’avancée actuellement démontrée par LXKeys.

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